Organiser un séminaire d’entreprise écologique ne consiste pas simplement à supprimer les bouteilles en plastique, proposer un déjeuner bio et installer trois poubelles de tri dans la salle de réunion.
Un séminaire mobilise des transports, un lieu, de l’énergie, des hébergements, des repas, du matériel et parfois de nombreux prestataires. Il génère également des impacts sociaux et économiques sur le territoire qui l’accueille.
La bonne approche consiste donc à regarder l’événement dans son ensemble et à se poser une question simple : comment atteindre les objectifs du séminaire avec le moins de ressources, de déplacements et de déchets possible, tout en maximisant son utilité pour les participants et le territoire ?
C’est d’ailleurs l’approche retenue par l’ADEME avec son outil ADERE, qui analyse un événement à travers huit dimensions : alimentation, communication imprimée, communication numérique, lieux et technique, déplacements, hébergement, mobilisation et solidarité.
La norme internationale ISO 20121:2024, consacrée au management responsable de l’activité événementielle, va encore plus loin : elle invite à prendre simultanément en compte les impacts environnementaux, sociaux et économiques d’un événement.
Voici donc une méthode complète pour organiser un séminaire réellement écoresponsable.
Le séminaire le moins impactant n’est pas nécessairement celui organisé dans le bâtiment le plus écologique. C’est d’abord celui dont le format est cohérent avec son objectif.
Avant de chercher un lieu, il faut donc définir précisément ce que l’entreprise attend de la rencontre.
S’agit-il de travailler sur la stratégie ? De créer du lien après une période de télétravail ? D’intégrer de nouveaux collaborateurs ? De résoudre des tensions ? De célébrer une étape importante ? De faire travailler ensemble plusieurs équipes qui se connaissent peu ?
Cette réflexion permet parfois de réduire considérablement les impacts.
Une réunion d’information de trois heures ne nécessite probablement pas de déplacer quarante collaborateurs pendant deux jours. À l’inverse, un véritable travail de cohésion peut justifier un séjour de deux jours si celui-ci évite ensuite de multiplier les réunions et les déplacements.
L’écoconception commence donc par le dimensionnement de l’événement.
Nombre de participants, durée, fréquence des séminaires, distance à parcourir et programme doivent être pensés ensemble.
Lorsqu’on recherche un lieu de séminaire, le premier réflexe consiste souvent à comparer les salles, les chambres ou les activités proposées.
Il serait plus pertinent de commencer par une carte.
D’où viennent les participants ? Paris ? Plusieurs agences régionales ? Toute la France ? Plusieurs pays européens ?
En France, les transports constituent actuellement le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre sur le territoire, avec 125,4 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2024. À l’échelle de l’empreinte carbone des Français, ils représentent également environ 25 % de l’empreinte totale.
Pour un événement professionnel, le choix du lieu doit donc être raisonné par rapport au point de départ des participants, et pas uniquement selon les qualités environnementales du site.
Un magnifique écolodge nécessitant dix vols long-courriers ne constitue pas nécessairement un meilleur choix qu’un lieu moins spectaculaire accessible en train.
Pour une équipe principalement parisienne, par exemple, un séminaire situé à une ou deux heures de Paris peut avoir davantage de sens qu’une destination nécessitant de prendre l’avion.
Pour une entreprise possédant des équipes réparties entre Paris, Lyon et Bordeaux, la réflexion sera différente : il faudra étudier les liaisons ferroviaires et rechercher un point de convergence raisonnable.
La question pertinente n’est donc pas :
« Quel est le lieu le plus écologique ? »
mais :
« Quel lieu permet à notre groupe d’organiser ce séminaire avec les déplacements les plus cohérents ? »
Un établissement situé à la campagne peut parfaitement entrer dans cette logique lorsqu’une partie importante du trajet est réalisée en train.
Mais encore faut-il organiser le trajet entre la gare et le lieu du séminaire.
Navette collective, minibus, taxis mutualisés ou covoiturage organisé sont préférables à vingt véhicules effectuant individuellement le même trajet.
L’organisateur peut faciliter considérablement cette démarche en demandant dès l’inscription le lieu de départ et le mode de déplacement envisagé par chaque participant.

Pour vous assurer de l’engagement écologique d’un lieu, les labels indépendants sont un bon repère. Family Ecolodge a fait certifier sa démarche par le premier label environnemental pour l’hébergement touristique : la Clef Verte, avec succès, en 2012, 2017, 2022 et 2026. Ce label rigoureux certifie :
une gestion de l’eau ultra-optimisée grâce à un débit réduit (6 à 9 litres par minute pour les douches au lieu des 18 litres habituels).
100 % de l’électricité consommée sur le site provenant de sources renouvelables.
un tri sélectif strict et une politique d’achats responsables. Retrouvez plus de détails sur les exigences drastiques de ce label sur le site officiel de La Clef Verte.
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Les mots nature, éco, green, responsable ou durable ne constituent pas en eux-mêmes une garantie environnementale.
Un établissement sérieux doit pouvoir expliquer concrètement ce qu’il fait, et pas simplement jouer sur l’ambigüité entre « nature » et « écologique ».
Comment est-il chauffé ? Comment suit-il ses consommations d’énergie et d’eau ? Comment réduit-il ses déchets ? Quelle est sa politique concernant les produits jetables ? Comment sont entretenus ses espaces verts ? Comment travaille-t-il avec les producteurs et prestataires locaux ?
Des labels environnementaux peuvent apporter des garanties supplémentaires.
Pour les hébergements touristiques, l’ADEME référence notamment l’Écolabel européen, La Clef Verte, Green Globe, Hôtels au Naturel ou encore certains labels spécifiques aux gîtes et chambres d’hôtes.
L’Écolabel européen est le label environnemental officiel de l’Union européenne. L’ADEME considère également La Clef Verte comme un label couvrant les principaux impacts environnementaux des hébergements, notamment l’énergie, l’eau, les déchets et les achats responsables.
Pour autant, l’absence de label ne signifie pas automatiquement absence de démarche environnementale. Certaines petites structures mettent en œuvre des pratiques très poussées sans s’engager dans une certification.
Il faut donc regarder les preuves et les pratiques, pas seulement les logos.
C’est l’un des leviers les plus simples d’un séminaire résidentiel.
Lorsque la salle de réunion se trouve dans un hôtel, que le dîner nécessite quinze minutes de voiture et que l’activité de team building se déroule encore vingt kilomètres plus loin (ou que son prestataire a fait 800 km pour venir vous voir), les déplacements se multiplient rapidement.
À l’inverse, un lieu permettant de travailler, dormir, manger et réaliser des activités sur place réduit fortement la logistique.
Cette configuration offre également un autre avantage : le temps gagné devient du temps collectif.
Les trente minutes qui auraient été consacrées à monter dans des voitures, trouver une adresse ou attendre les retardataires peuvent devenir une promenade, une discussion informelle ou simplement un moment de respiration.
L’écologie rejoint alors directement la qualité du séminaire.
L’alimentation constitue un autre levier majeur. Elle représente environ 23 % de l’empreinte carbone moyenne des Français, tous usages confondus.
L’objectif d’un séminaire responsable n’est pas nécessairement d’imposer un repas exclusivement végétarien à tous les participants. Il s’agit plutôt de construire une restauration cohérente.
Augmenter la proportion de plats végétaux, privilégier des produits de saison, limiter les aliments ayant un impact particulièrement élevé, travailler avec des producteurs proches lorsque cela est pertinent et réduire les produits fortement emballés constituent déjà des leviers importants.
La provenance ne doit cependant pas devenir le seul critère. Un produit local n’est pas automatiquement écologique et un produit provenant de quelques centaines de kilomètres n’est pas nécessairement mauvais. Mode de production, saisonnalité, nature du produit et gaspillage comptent également.
Un buffet surdimensionné photographié à la fin d’un déjeuner est rarement le signe d’un événement réussi. En clair, bannissez les formules type « buffet à volonté ».
Demander le nombre exact de participants, anticiper les régimes alimentaires, adapter les portions, permettre de resservir plutôt que surcharger les assiettes et prévoir une solution pour les éventuels surplus sont des mesures simples.
La France poursuit d’ailleurs un objectif de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire par rapport à 2015, selon des échéances différentes suivant les secteurs. Un label national anti-gaspillage alimentaire existe désormais également pour la restauration commerciale et collective, y compris certains acteurs de l’événementiel et les traiteurs.
À Family Ecolodge, nous essayons d'abord de ne pas produire de surplus. Lorsqu'il reste malgré tout des aliments encore consommables et pouvant être conservés dans de bonnes conditions, ils rejoignent notre « frigo zéro déchet » afin d'être proposés à nouveau plutôt que jetés. Et pour ce qui ne peut plus être consommé, les biodéchets sont consommés par les poules donc transformés en oeufs frais de la ferme plutôt que mélangés aux ordures ménagères.
Le meilleur déchet est celui que l’événement ne produit pas.
Avant d’améliorer le tri, il faut donc regarder ce que l’on peut supprimer.
Une gourde ou un verre lavable évite les bouteilles individuelles. Une fontaine à eau évite des dizaines de contenants. Une tasse remplace les gobelets des pauses café. Un menu affiché peut remplacer quarante menus imprimés.
Cette logique correspond à l’esprit de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, qui vise notamment à réduire les emballages et les produits à usage unique et à développer le réemploi.
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets a par ailleurs été généralisé aux professionnels comme aux particuliers.
Le recyclage reste nécessaire, mais il intervient après la prévention et le réemploi.
Dans un séminaire écoresponsable, ce n’est pas aux participants de repartir avec toujours plus d’objets supposés « verts ». Le rôle du lieu d’accueil est d’abord d’organiser les choses pour que le déchet n’existe tout simplement pas.
Distribuer à chaque participant une gourde neuve pour un séminaire de deux jours n’a, par exemple, guère de sens si elle n’est pas destinée à être réellement utilisée longtemps après l’événement. Fabriquer, transporter et distribuer un nouvel objet n’est pas automatiquement écologique sous prétexte qu’il remplace une bouteille jetable.
Notre choix à Family Ecolodge : de grandes carafes à eau réutilisables, chinées en recyclerie, et des verres Duralex fabriqués dans notre département, le Loiret. Pas de bouteille individuelle, pas de gourde distribuée pour l’occasion, pas de déchet à gérer : on réutilise simplement ce qui existe déjà.
Tote bag, stylo, carnet, mug, tour de cou, tee-shirt, gourde…
Lorsqu’une entreprise organise un événement responsable, elle peut être tentée de remplacer les objets promotionnels traditionnels par leurs équivalents « écologiques ».
Une autre question mérite pourtant d’être posée :
Avons-nous réellement besoin de distribuer un objet ?
Un produit fabriqué avec une matière recyclée nécessite malgré tout de la matière, de l’énergie, du transport et souvent un emballage.
Si un cadeau est réellement utile, mieux vaut choisir un objet durable, réparable, adapté aux participants et qui sera effectivement utilisé.
Sinon, ne rien distribuer reste une excellente option.
Le team building représente souvent le moment le plus mémorable du séminaire.
Il serait dommage que la démarche environnementale s’arrête à la porte de la salle de réunion.
Une multitude d’activités peuvent créer de la cohésion avec très peu de matériel : randonnée, jeu de piste, orientation, construction collective, défis collaboratifs, atelier culinaire, découverte de la biodiversité, création artistique, activité autour du patrimoine local ou challenges réalisés directement sur le site.
L’objectif n’est pas de bannir toute activité utilisant du matériel. Il s’agit plutôt d’éviter les expériences nécessitant d’importants déplacements, beaucoup de consommables ou des équipements utilisés une seule fois lorsqu’une alternative procure autant de plaisir.
Une activité locale présente en outre un intérêt supplémentaire : elle permet de faire découvrir le territoire qui accueille le séminaire.


L’impact positif d’un événement ne se limite pas aux émissions de CO₂ évitées.
Un séminaire peut également contribuer à l’économie de son territoire.
Traiteur indépendant, producteur local, artisan, guide nature, comédien, ferme, loueur de vélos ou intervenant artistique : lorsqu’ils répondent aux besoins de l’événement, faire travailler des prestataires du territoire permet qu’une partie du budget reste dans l’économie locale.
Cette dimension est pleinement cohérente avec l’approche de l’ISO 20121, qui ne limite pas le développement durable au seul environnement et prend également en compte ses dimensions sociales et économiques.
Un séminaire responsable cherche ainsi à réduire ses impacts négatifs tout en augmentant ses retombées positives.
Pour nous, le local ne se limite pas à quelques produits sur une table. Il se traduit concrètement par des emplois locaux en CDI, sans recours aux travailleurs saisonniers, et par des choix d’achats ancrés dans notre territoire.
🍎 Du jus de pomme bio du Gâtinais, médaillé d’or au Concours général agricole, plutôt que du jus d’orange venu de loin.
🌱 Des plantes locales, adaptées à notre environnement, plutôt que des espèces exotiques de jardinerie.
🛖 Des yourtes et des lodges fabriqués en France, notamment en Centre-Val de Loire et en Bourgogne.
Favoriser le local, c’est faire travailler un territoire avant de chercher à « verdir » son image.
Un événement ne peut pas être véritablement responsable s’il exclut une partie des participants.
Accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, allergies et régimes alimentaires, horaires compatibles avec différentes contraintes personnelles, possibilité de disposer de moments calmes, qualité des chambres, conditions de travail des prestataires : ces sujets font également partie de la réflexion.
La version 2024 de la norme ISO 20121 a d’ailleurs renforcé la prise en compte des dimensions sociales, de l’inclusivité et de l’héritage laissé par les événements.
La démarche environnementale ne doit donc pas diminuer le confort ou l’accessibilité.
La sobriété consiste à supprimer ce qui est inutile, pas ce qui est utile aux personnes.

Tourisme & Handicap est un label national qui permet d’identifier les établissements touristiques engagés dans une démarche d’accessibilité et d’accueil adapté des personnes en situation de handicap. L’évaluation porte sur quatre familles de handicap : auditif, mental, moteur et visuel. Il aide ainsi les visiteurs à savoir, avant leur séjour, si les prestations correspondent à leurs besoins spécifiques.
Dématérialiser n’est pas synonyme d’impact nul.
Pour la préparation du séminaire, il est généralement inutile d’envoyer plusieurs versions lourdes d’une présentation ou de multiplier les impressions.
Un espace partagé, des documents optimisés, un programme accessible en ligne et quelques informations pratiques clairement regroupées suffisent souvent.
L’ADEME recommande notamment, pour les événements numériques, de limiter les pièces jointes lourdes, privilégier les espaces de partage et adapter l’usage de la vidéo lorsqu’elle n’est pas indispensable.
Le même principe vaut pour l’événement physique : communiquer moins, mais mieux.
Lisio Humanity est une solution française d’inclusion numérique qui permet à chaque internaute d’adapter l’affichage et la navigation d’un site à ses besoins : taille des textes, dyslexie, daltonisme, lecture vocale, navigation simplifiée, traduction… Elle propose également un mode allégé pour réduire les données chargées et favoriser une navigation numérique plus sobre.
Plutôt que de demander simplement à un établissement « Êtes-vous écologique ? », il est beaucoup plus efficace d’intégrer quelques questions dans la consultation des lieux.
Plutôt que de demander simplement « Êtes-vous écologique ? », posez des questions concrètes. Les réponses permettent de distinguer une démarche environnementale réellement structurée d’un simple discours marketing.
| Thème | Question à poser au lieu ou au prestataire |
|---|---|
| 🚆 Mobilité | 1. Quelles gares sont accessibles et quelles solutions de navette ou de covoiturage peuvent être proposées ? |
| 🛏️ Hébergement | 2. Les participants peuvent-ils dormir directement sur le lieu du séminaire afin d’éviter de nouveaux déplacements ? |
| ⚡ Énergie | 3. Le site suit-il ses consommations d’énergie et quelles actions de réduction ont été mises en œuvre ? |
| 💧 Eau | 4. Existe-t-il des dispositifs permettant de limiter les consommations d’eau ? |
| 🥕 Restauration | 5. Quelle part des menus peut être végétale, saisonnière ou issue de producteurs locaux ? |
| 🍽️ Gaspillage alimentaire | 6. Comment les quantités sont-elles ajustées au nombre réel de participants et que deviennent les éventuels restes alimentaires ? |
| ♻️ Déchets | 7. Le réemploi est-il privilégié et quelles filières de tri existent sur le site ? |
| 🌳 Biodiversité | 8. Comment les espaces naturels sont-ils entretenus et quelles pratiques favorisent la biodiversité ? |
| 🎯 Activités | 9. Quelles activités de cohésion peuvent être pratiquées directement sur place ou à proximité immédiate, sans multiplier les déplacements ? |
| 🤝 Prestataires locaux | 10. Travaillez-vous avec des entreprises, producteurs, artisans et intervenants implantés sur le territoire ? |
| ♿ Accessibilité | 11. Quelles solutions sont prévues pour les personnes en situation de handicap ou ayant des besoins spécifiques ? |
| 📊 Mesure | 12. Pouvez-vous communiquer des données ou des indicateurs permettant d’évaluer et de suivre votre démarche environnementale ? |
💡 Le bon réflexe : ne cherchez pas nécessairement un établissement qui répond parfaitement aux 12 critères. Une démarche crédible se reconnaît surtout à la capacité du lieu à apporter des réponses précises, concrètes et vérifiables.
Pour un petit séminaire, un bilan carbone extrêmement détaillé n’est pas toujours indispensable.
Quelques indicateurs simples permettent déjà de comprendre où se situent les principaux impacts.
Le plus intéressant consiste surtout à pouvoir comparer plusieurs éditions d’un même événement.
Combien de kilomètres les participants ont-ils parcourus ? Avec quels modes de transport ? Combien de personnes sont venues seules en voiture ? Combien de repas ont été servis ? Quelle proportion était végétarienne ? Quelle quantité de nourriture a été jetée ? Combien de déchets ont été produits ? Combien de prestataires locaux ont été sollicités ?
L’entreprise peut alors se fixer un objectif concret pour le séminaire suivant.
Cette logique d’amélioration continue est au cœur de l’ISO 20121 comme de l’outil ADERE de l’ADEME. ADERE permet d’ailleurs aux organisateurs d’établir un autodiagnostic puis de comparer leurs événements afin de mesurer leurs progrès.

Planter quelques arbres après un événement ne transforme pas automatiquement celui-ci en séminaire « neutre en carbone ».
La priorité doit rester la réduction des émissions à la source.
L’ADEME recommande justement aux organisations de distinguer clairement les réductions réelles d’émissions du financement éventuel de projets de contribution climatique, plutôt que de présenter trop facilement une activité comme « neutre en carbone ».
En France, les allégations publicitaires de neutralité carbone sont par ailleurs encadrées depuis 2023 et nécessitent notamment la mise à disposition d’éléments documentés sur les émissions et la démarche engagée.
Pour un séminaire, mieux vaut donc communiquer :
« Nous avons organisé l’événement de manière à réduire ses déplacements, ses déchets et son gaspillage alimentaire »
plutôt que :
« Notre séminaire est zéro carbone. »
La première formulation décrit des actions vérifiables. La seconde risque de promettre beaucoup plus que ce qui peut être démontré.

Pas nécessairement et je dirais même pas du tout, bien au contraire.
Certaines décisions peuvent effectivement entraîner un surcoût : sélectionner certains produits alimentaires, privatiser une navette ou choisir un établissement très engagé peut coûter davantage.
Mais beaucoup d’actions écologiques réduisent au contraire les dépenses.
Pas de transports lointains, supprimer les goodies inutiles, réduire les impressions, utiliser moins de consommables, éviter les déplacements entre plusieurs sites, adapter précisément les quantités de nourriture et privilégier des activités réalisables sur place peuvent générer des économies.
Il faut donc raisonner en coût global du séminaire, et non comparer uniquement le prix d’une chambre ou d’un menu.
Un lieu proposant hébergement, salle, restauration et activités sur place peut par exemple sembler légèrement plus cher à la nuitée tout en réduisant considérablement les dépenses de transport et de logistique.

C’est probablement l’un des principaux malentendus concernant les séminaires responsables.
Un événement écologique ne doit pas être une succession de restrictions.
Un dîner autour de produits locaux, une soirée au coin du feu, une activité en pleine nature, une nuit dans un hébergement inhabituel ou un jeu collectif peuvent laisser beaucoup plus de souvenirs qu’une accumulation de prestations standardisées.
Un bon séminaire écoresponsable applique finalement un principe assez simple :
moins de choses, mais davantage d’expériences.
La démarche environnementale devient alors une contrainte créative qui pousse l’organisateur à privilégier ce qui compte réellement : les personnes, les échanges et le temps passé ensemble.

Avant de valider votre prochain séminaire, passez en revue ces 15 points essentiels.
| ✓ | Thème | Question à vérifier |
|---|---|---|
| ☐ | 🎯 Objectif | L’objectif du séminaire justifie-t-il réellement son format et sa durée ? |
| ☐ | 📍 Localisation | Le lieu a-t-il été choisi en fonction de l’origine géographique des participants ? |
| ☐ | 🚆 Transport | Le train et les transports collectifs ont-ils été étudiés avant la voiture individuelle ou l’avion ? |
| ☐ | 🚐 Dernier kilomètre | Une solution est-elle proposée entre la gare et le lieu : navette, taxi partagé ou covoiturage ? |
| ☐ | 🏡 Tout sur place | Réunion, hébergement, repas et activités peuvent-ils être regroupés sur un même site ? |
| ☐ | 🌿 Engagement | Le lieu peut-il expliquer concrètement sa politique environnementale et les actions réellement mises en œuvre ? |
| ☐ | 🥕 Restauration | La restauration privilégie-t-elle davantage de produits végétaux, de saison et adaptés au territoire ? |
| ☐ | 🍽️ Anti-gaspillage | Les quantités de nourriture sont-elles adaptées au nombre réel de participants ? |
| ☐ | ♻️ Réemploi | La vaisselle, les contenants et les équipements réutilisables sont-ils privilégiés ? |
| ☐ | 🎁 Goodies | Les objets promotionnels et les impressions prévus sont-ils réellement nécessaires ? |
| ☐ | 🎯 Activités | Les activités peuvent-elles être réalisées sur place ou à proximité immédiate ? |
| ☐ | 🤝 Local | Des producteurs, artisans ou prestataires locaux peuvent-ils participer à l’événement ? |
| ☐ | ♿ Accessibilité | Les besoins d’accessibilité et les besoins spécifiques de tous les participants ont-ils été anticipés ? |
| ☐ | 📊 Mesure | Quelques indicateurs permettront-ils d’évaluer l’impact du séminaire ? |
| ☐ | 🔄 Progression | Les résultats pourront-ils être utilisés pour améliorer le prochain séminaire ? |
Il n’est heureusement pas nécessaire de réinventer une méthodologie.
Pour une entreprise qui organise ponctuellement quelques séminaires, ADERE, l’AutoDiagnostic Environnemental pour les Responsables d’Événements, constitue un excellent point de départ. L’outil développé avec l’ADEME propose un parcours d’autodiagnostic et des pistes de progrès adaptées aux événements professionnels.
Pour les entreprises, lieux ou agences souhaitant structurer une véritable politique événementielle responsable, ISO 20121:2024 fournit un cadre beaucoup plus complet. La norme est applicable à tous les types et toutes les tailles d’événements.
La certification n’est cependant pas une condition préalable pour progresser : les principes de la norme peuvent déjà inspirer l’organisation d’un séminaire.

Prenons une entreprise d’une vingtaine de personnes souhaitant organiser deux jours de cohésion.
Plutôt que de sélectionner séparément un hôtel, une salle de réunion, un restaurant et une activité, elle peut rechercher un établissement permettant de regrouper l’ensemble du séjour.
Les participants sont incités à covoiturer ou à rejoindre une gare commune. Une navette prend ensuite en charge ceux arrivant en train.
Une fois sur place, les voitures ne sont plus utilisées.
La première journée alterne réunion et activité collective extérieure. Le déjeuner est simple, avec une forte composante végétale et des produits de saison. La soirée est organisée sur place.
Le lendemain, une seconde séance de travail est suivie d’une activité collective avant le départ du groupe.
Le séminaire reste confortable et dépaysant. Pourtant, de nombreuses sources d’impact ont été évitées simplement grâce à sa conception.
C’est précisément ce type de logique que peuvent proposer des écolodges, domaines ruraux et petits hébergements de groupe lorsque leurs infrastructures permettent de réunir sur un même site hébergement, travail, restauration et activités.

À Batilly-en-Puisaye, entre le Loiret, l’Yonne, la Nièvre et le Cher, Family Ecolodge Puisaye accueille des séminaires de petites équipes dans un environnement rural à environ 1 h 30 de Paris.
Le principe du séjour consiste notamment à limiter les déplacements une fois sur place : les hébergements, les espaces de réunion et de nombreuses activités sont regroupés sur le domaine.
Jeux collaboratifs, activités de plein air, feu de camp ou temps informels dans le parc permettent également de construire un programme de cohésion sans multiplier les déplacements vers des prestataires extérieurs.
Family Ecolodge n’est cependant qu’une possibilité parmi d’autres. Selon l’origine des collaborateurs, l’objectif du séminaire et les moyens de transport disponibles, un autre établissement pourra être plus pertinent.
C’est même l’une des principales conclusions de ce guide :
Le meilleur lieu pour un séminaire écologique n’est pas un lieu universellement “plus vert” que les autres. C’est celui qui permet d’atteindre les objectifs de l’entreprise avec une organisation cohérente, des impacts maîtrisés et le moins de ressources inutiles possible.
C’est un événement professionnel conçu de A à Z pour réduire ses impacts environnementaux tout au long de son organisation : déplacements, hébergement, alimentation, énergie, achats, déchets, communication et activités. Une approche complète prend également en compte ses impacts sociaux et économiques.
Il faut commencer par les décisions ayant le plus d’influence : choix du lieu par rapport à l’origine des participants, transports, durée du séjour, restauration et regroupement des prestations sur un même site. Les petits écogestes viennent ensuite.
Non. Un label permet de disposer de garanties et facilite la sélection, mais une petite structure non labellisée peut également avoir une démarche environnementale très avancée. Il faut alors demander des éléments concrets sur ses pratiques.
Oui, à condition d’intégrer la question des déplacements. Un établissement rural permettant de dormir, travailler, manger et réaliser les activités au même endroit peut limiter fortement les déplacements une fois le groupe arrivé. Il faut toutefois organiser intelligemment l’accès depuis les gares ou le covoiturage.
Les activités pratiquées directement sur le lieu ou à proximité sont particulièrement intéressantes : randonnée, orientation, jeu de piste, activités artistiques ou culinaires, découverte de la biodiversité, jeux collaboratifs ou activités liées au patrimoine local.
Non. Certains choix peuvent représenter un surcoût, mais la sobriété permet aussi de réduire de nombreuses dépenses : moins de transport, moins d’objets promotionnels, moins d’impressions, moins de gaspillage et davantage d’activités réalisables directement sur place.
Il suffit de suivre quelques indicateurs simples d’une édition à l’autre : modes de transport, kilomètres parcourus, remplissage des véhicules, déchets produits, gaspillage alimentaire, part des repas végétariens ou encore recours à des prestataires locaux.
Il n’existe pas de séminaire à impact nul.
Déplacer des personnes, les héberger, les nourrir et leur proposer des activités mobilise nécessairement des ressources.
L’objectif réaliste est donc différent : concevoir un événement utile, puis supprimer progressivement tout ce qui consomme des ressources sans contribuer réellement à son objectif.
Moins de kilomètres inutiles.
Moins de matériel à usage unique.
Moins de nourriture gaspillée.
Moins d’objets promotionnels oubliés au fond d’un placard.
Et, en contrepartie :
plus de temps ensemble,
plus de rencontres avec le territoire,
plus d’expériences collectives,
et davantage de sens donné au séminaire.
C’est probablement la meilleure définition d’un séminaire d’entreprise réellement écologique.
